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On est cuites…

Ma grand-mère, en vacances avec nous, restait toujours à la maison alors que tout le monde partait à la plage. En nous préparant nos pique-niques elle répétait fréquemment « La plage c’est pour les jeunes, moi je préfère de loin rester au frais… » et cela me semblait bien normal pour une « vieille dame » de son âge. Elle avait à l’époque 61 ans – dix ans de moins que j’ai aujourd’hui.  Installée à une terrasse de restaurant au bord de la Méditerranée je ne peux m’empêcher de penser à elle en contemplant en contrebas sur la plage un grand nombre de dames « bien cuites » de mon âge qui se « rôtissent » consciencieusement, quelques unes ayant d’ailleurs enlevé le haut. Ces ferventes du soleil sont pour la plupart formidablement fripées, ce qui ne semble pas les gêner du tout.

Cette génération, la nôtre, qui était jeune dans les années 60/70, a vécu ces années comme une grande libération – de tout. Et c’est extraordinaire à quel point notre comportement de femmes « plus très jeunes » a changé en une génération : notre refus têtu, et moyennement efficace, d’accepter de vieillir y est sans doute pour beaucoup. Être bronzée c’était se sentir belle et en bonne santé – et pour beaucoup de nous cela n’a absolument pas changé.

Certaines de mes amies se font bronzer de façon appliquée dès les premiers jours de soleil pour prendre « leur couleur de saison ».Un couple de mes amis qui a la chance d’avoir un (petit) bateau à moteur dans un port de plaisance de la côte d’Azur ne peut se passer de promenades « rôtissoires » quotidiennes de mai à septembre. Baignade et pique-nique dans une crique avec 100 autres  bateaux – repas au soleil tapant dur et… pas la moindre petite ombre pour s’abriter. À la fin de l’été leur couleur cuivre foncé les ferait carrément disparaître devant le mur de briques de notre ancienne école ! Je les adore mais je préfère les fréquenter en hiver. Sauf que ce n’est pas si évident que ça puisqu’il faut viser un dîner entre leurs fréquents voyages au soleil – pour « prendre des couleurs ».

Comme eux beaucoup de mes ami(e)s ont pourtant déjà eu une alerte de « kératose actinique », cette lésion pré-cancéreuse qui peut éventuellement se transformer en « carcinome ». Mais ni cela ni les toiles d’araignées de rides profondes qu’elles acquièrent inévitablement après quelques années de barbecue au soleil, semble leur enlever l’« envie d’être bronzée » qui est toujours là ! Après 60 ans on fait pourtant facilement « cuir » parce que une peau vieillie (je n’ai pas dit veille peau!!) ne sait plus produire cette jolie couleur pêche de nos vingt ans…

J’aime toujours énormément le soleil du printemps apres l’hiver – les premiers jours tièdes – les terrasses en mai – mais a partir de la mi-juin le concentré de soleil et aussi la chaleur me deviennent insupportables. Je n’ai aucun mérite. Adoratrice de soleil fervente depuis mes 18 ans, j’aimais passer des heures sur une plage, sur un banc dans un parc, dans un jardin ou sur une terrasse, dès que je voyais une chance de voler quelques moments de soleil. Que je me surprends depuis quelques années de fuir à tout prix ! Je ne suis pourtant pas une rousse fragile de peau ni facilement sujette aux coups de soleil. Mais je trouve désormais le soleil à haute dose inconfortable, oppressant, avec une sensation de « cuire » qui m’est devenue insupportable. Je tiens donc très clairement de ma grand-mère. Je me couvre, je m’enduis d’écran total – et surtout je me planque à l’ombre. Non, ce n’est pas une prise de conscience subite et sur le tard des dangers du soleil – je suis très bien informée depuis 40 ans par un frère dermatologue. Ce n’est pas non plus pour éviter d’exhiber mon corps qui a évidemment pas mal changé, avec du tombant, du flou et du gondolé. Là je fais comme tout le monde (ou presque): je fais avec…

 J’ai constaté que mes enfants et petits – enfants sont beaucoup plus cool et raisonnables que notre génération assoiffée de soleil : ils obtiennent leur petit hâle léger et charmant en se protégeant énormément, en restant plutôt à l’ombre et en bougeant beaucoup au soleil. C’est vrai que les épisodes de canicule rendent raisonnables.

C’est le matin du premier jour de nos vacances communes que je me suis soudain entendue dire : « Non merci, j’aime pas trop la plage finalement – je serai beaucoup mieux dans le jardin à l’ombre ». Pardon, que dites-vous? Que c’est sans doute encore… l’âge ???

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