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Le Pavé 

C’est l’année des livres – pavés ! Il doit être content, Pivot, de ne plus faire d’émission littéraire… Moi, j’achète mes livres, pavés ou pas, chez  un vraie libraire plutôt que sur internet, tristement dépourvu de l’odeur grisante des librairies. Je viens d’y acquérir un pavé authentique de 1246 pages, les « Lettres à Anne « de François Mitterrand. Quel magnifique écrivain, ce Président de la République, et quel plaisir inouï de lire une langue française aussi pure et belle et ….presque contemporaine. Au temps des phrases de 140 mots et de mails truffés de fautes, c’est un bonheur rare. Mais au lieu d’acheter trois bouquins de taille normale, si je n’ achète que le pavé c’est qu’il pèse son petit poids. Je me demande s’ils ont pensé à l’effet pervers du pavé sur la consommation littéraire française, chez l’éditeur? Et je ne vous cacherai pas que la lecture des « Lettres à  Anne » s’est révélée une bataille épuisante entre moi et le « pavé », dont voici le relevé :

10h du soir : dans mon lit, couché sur le coté, les amours d’Anne et François se révèlent impossibles à maitriser, même avec les deux mains. 10h11 : allongée sur le dos, un coussin sous la tête et un autre sur la poitrine, le « pavé » posé dessus.. mais j’ai mal à la nuque. 10h23 : coussin sur les genoux, pavé dessus, j’ai rapidement une crampe. 10h37 : couchée sur le ventre, le « pavé » frôle mon menton inconfortablement, et mon dos proteste. 10h48 : j’ai émigré dans le canapé, mais le pavé me glisse constamment des mains… il faut une force des poignets considérable pour le garder en équilibre et franchement, ça réduit le plaisir littéraire. 11h36 : exaspérée, j’envisage une série d’exercices d’urgence de renforcement de mes poignets : poids, haltères 5 kg, flexions, pétrissage de balle de tennis. Minuit trois : j’ai le malheur de m’endormir avec le pavé en position déséquilibrée et suis réveillée en sursaut par le boucan qu’il fait en tombant du lit.

Ne me comprenez pas mal, c’est un très beau livre. Mais mon esprit de sacrifice littéraire s’arrête brusquement à la page 166 le lendemain soir, quand, vermoulue, j’essaie, casse-cou, de tenir le pavé au dessus de ma tête… et qu’il m’échappe. Résultat : un oeil au beurre noir et le nez tuméfié pour la semaine. Je me rends alors compte que ma vie ne tient qu’à un fil et que c’est sans doute le pavé qui gagnera cette bataille…

En désespoir de cause, (je n’aime pas du tout lire sur tablette), je commande enfin la version digitale du pavé. Je ne renonce pas au pavé – je contourne. Et oui, il faut re-payer. Je soupçonne brièvement que le pavé papier est une ruse d’ éditeur fourbe pour pouvoir vendre chaque pavé en double exemplaire. Je pense alors rentabiliser mon pavé papier en l’offrant sournoisement à une de mes meilleures ennemies. Mais impossible, il est trop abimé par ses continuelles chutes.

 

 

 

Alors j’ai une idée de génie pour éviter à d’autres une situation ruineuse :  ne pourrait-on pas mentionner le poids de chaque pavé sur sa couverture ? Quelque chose comme ceci – pour une prochaine oeuvre littéraire. Personnellement je trouve que c’est une excellente suggestion. Pas vous ?

 

 

 

 

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