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La « mise au rancart » des femmes de 60 ans = #me-too senior ?

On le sait bien, nous, qui le vivons tous les jours : à partir de 60/65 ans et avec désormais encore pas mal d’années à vivre en plutôt bonne santé, nous devenons invisibles comme Harry Potter sous sa cape. Une armée d’invisibles – priée de se « retirer » ! Ce tour de magie formidable, nous le devons à rien d’autre qu’à notre vieillissement. Une fois dépassée notre « date limite de consommation » officielle, la société française nous considère en bloc comme « périmées ». On nous définira désormais par notre âge, plus jamais par notre personnalité, notre culture, notre intelligence, notre humour ou notre savoir-faire professionnel. On avait un cerveau et puis… pschitt, on n’en a plus.

Les clichés sur les seniors ont la vie dure. Cela vaut aussi pour les hommes, quoique leur « image » dépend moins de leur physique que de leur statut socioprofessionnel.

Nous, il nous est désormais fortement déconseillé de la ramener,d’avoir des opinions, de nous mêler de penser, d’avoir envie de continuer à travailler, d’avoir des idées et de le faire savoir. A partir d’un certain âge nous n’existons plus dans la société actuelle, ni professionnellement, ni intellectuellement, ni physiquement. C’est brutal. Le conseil (impatient) de la société française aux femmes seniors : rangez-vous, occupez-vous de vos petits maris si toutefois ils sont encore là ( les divorces de seniors augmentent à toute vitesse.. ), occupez-vous de vos petits enfants, faites la cuisine et du jardinage et ne nous emmerdez pas avec vos états d’âmes, on a à faire !

Nous sommes donc supposées être des retraitées heureuseset financièrement à l’aise, sauf qu’il y a toute une tranche de femmes seules ou divorcées avec des carrières à trous noirs pour cause d’éducation d’enfants ou de maris machos qui les empêchaient de travailler, qui se retrouvent avec de minuscules retraites sans compensation. Sauf qu’à partir de 65 ans il est pratiquement impossible d’emprunter (à moins qu’on ait déjà de l’argent), on ne peut plus non plus louer d’appartement compte tenu du droit au maintien dans les lieux qui était censé nous protéger – sauf que… Et il y a plein d’autres « sauf ».

A la base de tout ça il y a évidemment la peur de vieillir.Le futur absolument radieux de notre vieillissement promu dans les magazines féminins seniors ou pas, par de charmantes journalistes quarantenaires, a surtout là fonction de les rassurer elles-mêmes. Avec des photos de belles cinquantenaires, la plupart du temps plutôt  « révisées » . Toutes ces belles histoires qu’on nous raconte – et qu’on aime bien se raconter nous aussi – concernent désormais neuf millions et demi de femmes (Insee 2018) au dessus de 60 ans qui sont sommées de « bien vieillir », d’être « actives » (si seulement on le leur permettait), de rester jeunes (si seulement on les regardait) et de « profiter de la vie » (si seulement elles en avaient les moyens). Eh bien, malgré tout ça, la vérité toute crue, mes amies, c’est que rien ne change. On le sait, la société française est particulièrement flemmarde en ce qui concerne l’évolution des mentalités.

Les clichés sur les seniors ont la peau dureparce qu’ils sont en partie inconscients. Nous sommes supposés être : fatiguées, vulnérables, sans mémoire, isolées, rigides, confuses, faibles, séniles, vieux jeu, inquiètes, recluses, sourdes ou aveugles ou les deux, malades ou handicapées. Et aussi acariâtres, incompétentes, vivant dans nos souvenirs, répétant toujours les mêmes choses et prenant beaucoup trop de médicaments. De santé fragile, nous avons aussi terriblement peur de l’avenir.

Vous vous êtes reconnues ? Eh bien, nous non plus.

Ces stéréotypes qu’on nous applique et qui ne correspondent même plus au « très grand âge », ne concernent certainement pas la génération des sexagénaires et septuagénaires actuels. C’est vrai qu’on n’est pas tous égaux devant le vieillissement et la maladie, mais la grande majorité de nos contemporaines vieillira désormais en assez bonne santé jusqu’à 85 ou même 90 ans. Et seulement 10% deviendront dépendants. On voit de plus en plus de « jeunes » autour de 90 ans, qui malgré quelques fragilités, restent impressionnants de vivacité, d’activité physique, de capacité mentale et de curiosité. Ce sont ces changements générationnels extraordinaires que notre société française refuse tout simplement de reconnaître.

Et qui peut en parler mieux que nous, qui vivons la situation avec lucidité et avec pas mal d’ironie et d’humour, et qui ne nous cachons rien de tout ça quand nous sommes entre nous ? Chez les Nanas Séniors nous avons pris le parti d’en rire et il y a de quoi ! Mais soyons réalistes : si on veut changer ces comportements et ces préjugés, à NOUS d’en parler ! 05

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