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La mémoire des pierres

Ce qui nous attache à notre ville, petite ou grande – c’est parfois sa beauté. Mais pas que…Très souvent ses laideurs nous attachent tout autant, sinon plus. C’est curieux tout de même qu’au bout de quelque temps passé à vivre dans un quartier, on se met toujours à bien l’aimer. C’est devenu notre « coin », et une fois qu’on y a tricoté des relations et des habitudes – avec la pharmacienne sympa, le fleuriste blagueur ou le caniche de la gardienne d’à coté – on s’y attache presque toujours. C’est que nous y déposons quelque chose de nous : une trace de nos chemins personnels et plus tard nos souvenirs. Ces lieux plus ou moins parfaits où on a habité ou travaillé, où nos enfants sont allés à la maternelle, ces parcs où on s’ennuyait un peu pendant qu’ils jouaient, le « Primeurs » où on achetait nos premières cerises, les bistrots où on prenait notre cafe en vitesse ou qui nous servaient de lieu de rendez-vous – tout cela représente la cartographie de notre vie quotidienne.

L’immense majorité de nos souvenirs est attachée à des lieux. Penser à mes anciens bureaux dans une cour avec la prof de piano à l’étage juste au dessus, accompagnant nos journées de travail d’une « Lettre à Elise » qui s’interrompait toujours aux même moment, ne me fait plus « souffrir » mais sourire. Et j’en ris maintenant – mais quel cauchemar, cette nuit suivant un déménagement dans un nouvel appartement charmant mais très ancien, nuit passée sur une table à paniquer à cause d’une famille nombreuse de petites souris qui s’y promenaient – pas du tout effrayées, elles. C’est vrai que nos souvenirs amoureux sont souvent les plus marquants : je me souviens parfaitement de ce tout petit studio d’étudiante où j’étais follement amoureuse, mais surtout de la très longue période de désespoir qui suivit. Presque 50 ans plus tard le souvenir est toujours aussi vif ! Après une séparation difficile, j’ai fait pendant des années des détours considérables pour ne plus passer devant ce restaurant où j’avais rencontré mon ex. Et j’avoue que j’ai toujours, quarante ans plus tard, du mal avec un certain café Boulevard du Montparnasse où notre couple s’est définitivement défait.

J’aimais alors imaginer qu’il existait une sorte de « mémoire des pierres » : que nous laissons des traces dans nos maisons, nos rues et nos quartiers, partout où ont lieu les évènements – plus ou moins quotidiens et plus ou moins importants – de nos vies. Une sorte de large toile d’araignée imaginaire et très personnelle, tissée tout au long de notre existence – et posée comme un voile transparent sur des lieux divers. Superposée à des millions d’autres, évidemment . Si cette  fantaisie aimable et anodine vous semble exagérément romantique ou mystique vous avez sans doute raison. Est-ce qu’on laisse une trace quand on fait des courses au Monoprix – ou alors au centre commercial d’à côté pour chercher des baskets ? On peu en douter puisque désormais notre visite au centre commercial nous « rapporte » surtout…

… une pub « baskets » sur notre téléphone ! La réalité dépasse désormais de loin ma jolie pensée magique de la « mémoire des pierres » : elle a été remplacée avantageusement par le traçage sans faille de notre téléphone mobile. Et pas seulement dans notre quartier mais partout où nous allons ! Chez nous, dans le parc avec nos petits enfants, à 800 km chez nos amis et même à l’étranger – nous sommes devenus repérables pour…beaucoup de monde! Depuis quelques années la toile d’araignée de nos traces et mouvements est devenu une réalité pour chacun de nous et il n’y a malheureusement plus rien de romantique ou de magique à être ainsi suivis à la… trace.

Notre avenir – si nous avons beaucoup de chance – se limitera à un « espionnage commercial » constant. Mais il y a déjà des pays ou des gouvernements autoritaires se servent des portables pour contrôler et surveiller la société civile. Et la société civile, c’est EUX mais ça pourrait bien un jour être VOUS et MOI. Je ne sais pas si j‘ai laissée une trace à la bibliothèque du quartier de mon enfance, où j’avais emprunté, ado, « Le Meilleur des Mondes » d’Aldous Huxley et  le « 1984 » de George Orwell, qui décrivent l’horreur des sociétés de surveillance policière – dans un lointain futur à l’époque. Je trouvais ces lectures d’« anticipation » fascinantes. Je manquais d’imagination… puisque notre réalité quotidienne dépasse, et de très loin les fantaisies un peu magiques de la mémoire des pierres !

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