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Comment je suis devenue une dame à chien-chien…

Charlie est un jeune mix Labrador / « va savoir », pour lequel mon fils Mathieu a craqué à la SPA. Avant d’adopter Charlie, Mathieu, qui vit seul, me demande, avec énormément de précautions si – éventuellement, et uniquement en cas de besoin très très urgent – je serai d’accord pour garder Charlie. Je me souviens avoir dit faiblement « Bon, si c’est pas trop souvent… » Je ne voulais pas que mes enfants aient peur des chiens et Mathieu ne le sait donc pas, mais la vérité vraie c’est que depuis mes 4 ans et la rencontre avec un chien de ferme dont je me souviens comme si c’était hier, je change discrètement de trottoir à chaque fois que je croise même un Teckel. Évidemment, le « besoin très très urgent » se fait rapidement sentir. Quand Mathieu débarque avec Charlie, il me remet un « mode d’emploi » de 8 pages, sans interligne et plein de points d’exclamation, de multiples accessoires, nourritures et vitamines, et le chien Charlie.

Vu ses sauts de joie sur ma personne il est à priori ravi de me voir – et je suis contente puisque je ne m’évanouis même pas. « Il est encore un peu fou fou, mais propre et exceptionnellement intelligent. » me dit Mathieu. Une petite demie heure plus tard Charlie applique son exceptionnelle intelligence à mon tapis chinois en soie. Il doit avoir faim. Il se jette sur la nourriture, puis s’attaque tout de même à mes bottes neuves en dessert. Je fais d’urgence place nette tandis qu’il s’essaye à un roupillon sur mon lit et a l’air outré quand je le vire. Il y retourne dès que j’ai le dos tourné. Je comprends alors qu’il vaut mieux ne JAMAIS lui tourner le dos.

Quand je sors faire les courses pour mon diner de copines, j’enferme Charlie dans la cuisine avec ses jouets (Instructions, page 4, paragraphe 2 ) A mon retour il émerge d’en dessous d’une montagne de confettis dans ma cuisine dévastée, fou de joie de me voir. Factures, rouleaux papier et journal déchiquetés, deux chaises sérieusement rongées et mon rôti pour six, encore cru, absent du dessus du frigo, le plat vide en mille morceaux.. C’est un spécialiste du saut en hauteur, Charlie. Mais c’est vrai qu’il est très intelligent, il a laissé la ficelle.

Pour nos sorties c’est lui qui me tient en laisse et j’essuie plein de réflexions goguenardes du genre « alors il vous promène le toutou? » Quand Mathieu appelle de New York pour s’enquérir de son chien, je mens effrontément : il est adorable, très sage, non vraiment, aucun problème ». On a sa fierté. Puis je passe la nuit au téléphone et sur internet pour essayer de glaner des conseils d’éducation. Rapides de préférence. Mais personne ne semble d’accord sur un système éducatif infaillible, et « rapide » ne figure pas dans leur vocabulaire. Du coup on continue comme on avait commencé, Charlie et moi, cahin caha.

Un couvre-lit neuf, deux coussins, un poulet cuit, un Maupassant dans la Pléiade et mes pantoufles préférées plus tard, nous commençons finalement  a trouver une sorte de modus vivendi. SON modus vivendi. Il glapit tellement devant ma porte fermée qu’on dort désormais ensemble. J’ai des voisins, moi. J’ai du négocier dur pour obtenir qu’il reste sur le tapis devant mon lit. Mes réveils son affectueux mais sans pitié. Bordélique de nature je suis devenue une maniaque en alerte constante, tandis que Charlie obéit enfin – quoique nonchalamment – à mes hurlements « Ah NON !! ». L’ apprentissage est ardu pour nous deux mais on finit par s’apprécier – on est aussi têtus l’un que l’autre…

Quand mon fils vient enfin chercher son chien, surprise, Charlie me manque et tout est dépeuplé . Même si je me réjouis de pouvoir enfin m’acheter de nouvelles bottes. Mais j’ai fait des enfants voyageurs – je sais que la séparation ne sera pas longue. D’ailleurs j’ encourage vivement Mathieu d’accepter les six mois a San Francisco que sa boîte lui propose…

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